De nos jours, le croisement de regards n’est guère synonyme que de curiosité, voire de confrontation passagère à l’occasion d’une rencontre. La possibilité de se rencontrer il y a quelques siècles était évidemment plus attendue entre créateurs exerçant dans des pays bien éloignés. François-Joseph Gossec, entrepreneur de concerts à Paris dans la France prérévolutionnaire ne pouvait qu’être heureux d’accueillir le jeune Mozart. Sa Symphonie n°1 en Ré majeur opus 12 à l’effectif instrumental similaire, est certes moins connue que la 29e Symphonie de Mozart, composée à Salzbourg en 1774. Parfois, le dialogue musical se fait avec des artistes des générations précédentes, à l’instar d’Edvard Grieg qui rend un hommage au dramaturge Ludvig Holberg ou Wolfgang Rihm qui utilise la forme du Ländler populaire pour honorer l’écrivain préromantique Jakob Lenz. Le croisement est alors davantage celui des arts que celui des regards.