Durée : 1h

Les trois œuvres au programme nous rappellent combien, en musique classique, les titres peuvent être trompeurs. L’humour est d’ailleurs un art subtil qui dans un certain nombre de situations, en fonction des clés qu’il suppose, permet d’abord de prendre de la distance. La plaisanterie musicale de Mozart est ainsi plutôt une œuvre satirique qui est loin d’être une œuvre de jeunesse et nécessite aujourd’hui de bien connaître les défauts des canons classiques que dénonçait le compositeur chez certains confrères. Le titre chez Haydn, ajouté a posteriori comme bien d’autres, renvoie moins à une dimension pédagogique, comme on pourrait le croire aujourd’hui, qu’à la sévérité ou rigidité que pouvait suggérer une punition du maître. Inversement, le sous-titre du 11e quatuor de Beethoven, « Quartetto serioso », ne laisse pas imaginer l’inspiration épique de la pièce, baignée du projet que le compositeur menait à l’époque sur Egmont, le héros de Goethe.